De gestionnaire de patrimoine à la brocante en ligne

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Charlotte, si vous nous disiez d’où vous venez ? « J’étais commerciale dans le secteur Assurances-Banques. Plus précisément, j’occupais la fonction de Gestionnaire de patrimoine. Je gérais une clientèle haute gamme pour toutes les questions relatives à l’optimisation fiscale patrimoniale. Mes clients étaient des particuliers à la retraite, des chefs d’entreprise, des personnes à la tête d’un patrimoine familial ou d’un patrimoine qu’ils avaient eux-mêmes constitué. Avec la forte imposition fiscale en France, l’objectif de ma clientèle était d’optimiser sa fiscalité pour réduire les frais ».

Quelles étaient vos missions dans votre précédent poste ? « Une de mes missions était le développement de la clientèle, incluant de la prospection : rechercher de nouveaux clients. Mon autre mission portait sur les montages financiers, tels que les crédits ou les montages d’optimisation fiscale. Mon poste nécessitait des compétences techniques mais également des compétences commerciales et une grande aisance relationnelle. Mon travail quotidien impliquait une forme de participation à l’économie puisque l’argent qui n’était pas investi dans les impôts devait être injecté dans une autre partie de l’économie. Quand j’ai commencé à travailler, je jouissais d’une grande autonomie dans mon travail, apportant une appréciation discrétionnaire et des conseils sur mesure sur leurs opérations financières, prenant ainsi en compte les besoins exprimés par les clients. Le produit final présenté au client correspondait à ce qu’il avait émis comme souhait ou alors un souhait que nous avions identifié et anticipé. Quand je suis partie de la société, les contours de mon poste avaient changé puisque je rentrais principalement des informations informatiquement, pour générer des propositions financières en fonction des intérêts de l’entreprise ».

Aujourd’hui, en quoi consiste votre nouveau métier ? « J’ai créé une brocante en ligne sur Instagram et je fais tout simplement du commerce en travaillant seule. J’achète du mobilier ancien et des objets de décoration vintage que je revends en ligne. Parfois, je restaure certains meubles, notamment des petits buffets des années 30 à 50 en les repeignant, en les traitant. En fait, je les remets en état pour qu’ils soient fonctionnels et durent dans le temps le plus longtemps possible. Pour se faire, j’utilise un local dans lequel je stocke tous mes objets et où je bricole. J’organise les ventes depuis chez moi avec des mises en scène dédiées. Pour les petits objets, je réalise une mise en scène relativement épurée mais plus travaillée pour les meubles. Pour trouver des clients, j’utilise uniquement les réseaux sociaux. J’aurais bien aimé pouvoir participer à des salons mais ces derniers ont été annulés pour le moment en raison de la crise sanitaire. En attendant, pour me faire connaître, j’utilise Instagram où je demande aux clients, satisfaits de leur commande, de partager leur expérience avec moi. Je participe également à des évènements de solidarité qu’organise Emmaüs avec un collectif d’Insta Brocanteurs par exemple, ce qui m’a permis de gagner quelques abonnés et donc davantage de visibilité. Je connais ma concurrence, qui est saine car nous nous encourageons  les unes les autres, puisque nous nous sommes toutes au démarrage de notre activité. Nous partageons les informations, les bons plans, les connaissances juridiques si nécessaire. Nous diffusons  régulièrement les articles de chacune pour les promouvoir. Je n’ai jamais connu une telle entraide dans un autre secteur. »

Ou vous procurez-vous tous ces objets ? « Partout ! Mon seul frein est la distance géographique. Je ne veux pas chiner à des centaines de kilomètres de chez moi parce que cela représente beaucoup de temps. Je peux chiner aussi bien chez un particulier, que dans un dépôt vente, dans une vente aux enchères, sur Le Bon Coin, dans une ressourcerie, … Comme lieu, je ne m’interdis rien ».

Avant votre reconversion, aviez-vous l’idée de vous diriger dans cette voie ? « J’avais une vague idée mais ce n’était pas encore construit. Quand je suis arrivée chez CBP Social Consult, j’avais plusieurs pistes professionnelles. Par la suite, avec Magali PRADEL, Ma Consultante en Bilan de Compétences, nous les avons triées, travaillées. Chiner était déjà quelque chose que j’aimais beaucoup faire, mais je ne savais pas si je pouvais me permettre de l’envisager en tant que profession. Pendant mon Bilan de Compétences, des éléments forts ressortaient en rapport ce projet. Je me suis autorisée à valider ce projet :  j’y suis allée. Il faut dire qu’avant de me lancer dans ce projet, je chinais déjà beaucoup durant mes week-end mais sans revendre, juste de l’acquisition.  Chez moi, je suis meublée à pratiquement 99% en seconde main. Du coup, je me suis posée la question de savoir si je pouvais essayer d’en faire une activité. C’est cette opportunité là que j’ai saisis. Pour l’instant, je suis encore très jeune dans mon entreprenariat, mon activité est déclarée. Je dégage du revenu mais c’est encore fragile, ce qui est normal vu le contexte. J’ai dû créer mon statut, prévoir des garanties, souscrire à une prévoyance. Ce ne sera donc pas la meilleure année mais d’un autre côté, c’est déjà encourageant puisque j’arrive quand même à me verser un salaire au démarrage de mon activité ».

Quelle est votre clientèle ? « Idéalement, j’aurais aimé développer mon activité sur ma commune mais l’accueil réservé aux entrepreneurs est très compliqué et je n’avais pas du tout devancé cela. J’ai une petite clientèle Rambolitaine et une clientèle Parisienne du département 92 et proche Paris. »

Comment avez-vous eu le déclic pour vouloir franchir le pas ? « Dans mon ancien poste, je ne voyais plus de sens à ce que je faisais, comme beaucoup de personnes, je pense, qui entament une reconversion. Je ressentais de la lassitude dans mon travail, j’avais le sentiment de répondre à des ordres et des contres ordres très régulièrement. En réalité, je ressentais tout simplement une perte de sens de mon activité. J’avais 38 ans et j’avais besoin de retrouver un travail épanouissant. Il me fallait un métier avec des valeurs plus importantes, des valeurs humaines, de solidarité, d’échange, quelque chose d’un peu plus construit, avec des conditions de travail favorables et des relations humaines différentes. J’en avais assez aussi d’être sous les ordres de personnes qui étaient elle-même « sous les ordres de », qui étaient elle-même « sous les ordres de ». Sinon, j’ai toujours apprécié dans mon travail, la relation avec mes clients. Aujourd’hui encore dans ma nouvelle activité, j’aime beaucoup le contact avec la clientèle, rencontrer des clients, échanger avec eux de ce pourquoi ils viennent me voir mais pas que. J’étais et je suis toujours très attachée à ce lien. J’avais besoin de retrouver une ambiance de travail plus sereine avec plus de soutien, de la communication, des échanges productifs et constructifs.

Miroir chiné

De l’intention à la réalisation, combien de temps le cheminement a-t-il duré ? « Je dirais un an et demi entre la première fois où j’y ai pensé et ma reconversion. J’étais encore en poste quand  j’ai commencé à y penser mais en ne me l’autorisant pas. Ensuite, il y a eu plusieurs mois avant que je sois licenciée. Par la suite, j’ai commencé à y penser un peu plus mais je n’étais pas prête. Puis est venu le Bilan de Compétences et à son issue, j’ai commencé mon activité. Il y a des personnes pour qui le projet prendra plus de temps, d’autres moins, mais en ce qui me concerne, c’est aussi parce que mon projet a été « timé » par la durée d’indemnité de mon chômage. Vous voyez, pour un projet d’entrepreneur, si on ne peut pas être soutenu financièrement au démarrage, c’est quand même extrêmement difficile. Même si on vous dit que s’inscrire en tant qu’auto-entrepreneur, c’est facile, c’est un clic, alors oui techniquement c’est un clic mais derrière, il n’y a rien qui se fait tout seul. C’est-à-dire qu’il faut bien analyser les statuts, bien choisir, ne pas se tromper sachant que les revenus engendrés reposent complètement sur vous. Si vous vous ne travaillez pas ou si vous ne trouvez pas de client, il n’y a pas de rentrée d’argent. Ainsi, cela dépend de nombreux éléments qui font que si vous ne calculez pas bien vos coûts, il n’y a pas de rentrée d’argent. Ce sont des choses qui ne s’improvisent pas et il y a une législation qui est quand même lourde et qu’il faut connaître. »

Quel rôle ont joué vos proches dans ce changement de vie professionnelle ? « Dans l’ensemble, ils ont été plutôt positifs. Ils savaient que je n’aimais plus  ce que je faisais alors ils n’ont pas été surpris par ma transition. J’ai une vie de famille à laquelle je tiens énormément avec un garçon qui est adolescent aujourd’hui. Dans mon ancien poste, j’avais le sentiment de ne plus le voir, de ne pas le voir grandir et cela m’était extrêmement douloureux. Aujourd’hui, j’arrive à m’aménager du temps pour l’accompagner à l’école, aller le chercher, passer du temps le soir avec lui et je reprends mon activité après. Mais ce temps-là, je l’ai ! »

Quels sont les aspects qui ont été les plus durs à gérer et que vous aimeriez partager avec nous ? « La prise de décision, clairement, c’est cela  le plus dur ! Le fait de partir de mon poste et une fois que j’avais choisi le domaine dans lequel je souhaitais me reconvertir, d’y aller vraiment. De se lancer et de se dire que ça va marcher, d’y croire, d’oser, ça c’est vraiment le « Pas », je trouve, le plus difficile. Il y a aussi l’aspect financier mais comme j’avais prévu ma sortie, j’ai capitalisé. Souvent, c’est un aspect qui est négligé et on parle beaucoup de la reconversion comme si c’était facile mais ce n’est pas du tout simple et c’est aussi pour cela que les cabinets spécialisés en Bilan de Compétences comme CBP Social Consult sont forts utiles. Il faut avoir de quoi tenir les mois qui seront plus difficiles, surtout quand on choisit la voie de l’entreprenariat. Quand on choisit une voie de salarié, on suit une formation et après il faut trouver un employeur mais quand on décide de se diriger vers l’entreprenariat, il faut quand même avoir un capital qui permet de passer les mois  difficiles ».

Diriez-vous que vous êtes désormais épanouie avec cette nouvelle aventure qui débute ? « Oui, ce que je fais aujourd’hui au quotidien me plaît beaucoup. Comme je suis encore au début de mon activité, cela reste fragile, comme tous les entrepreneurs. J’ai encore des choses à améliorer, notamment, le développement de mon réseau de clients. Je n’ai pas encore assez de clients réguliers, pas assez de visibilité, je ne suis pas encore assez connue mais comme mon entreprise à moins d’un an c’est encore frais. Par contre, ce que je fais de mes journées, oui, ça me plaît davantage ! »

Quelle est la prochaine étape ? « Maintenant, j’ai pour projet, sur le premier trimestre 2021, de créer ma boutique en ligne. Cela fait partie des axes de développement que je souhaiterais mettre en place. Cette plateforme de e-commerce sera disponible même la nuit pour que les clients puissent chiner à n’importe quelle heure. Parce qu’aujourd’hui, il faut que je sois réveillée pour que la vente se fasse. Il sera possible de retirer les objets directement à mon local où je continuerai l’envoi en France, Belgique et Espagne. Une autre étape que j’aimerais solliciter un Business Coach parce que je n’arrive pas à me rendre compte si mon chiffre d’affaires est cohérent par rapport à l’activité. Quand j’en discute autour de moi, on me dit que c’est très bien mais j’aurais besoin qu’un professionnel me guide, m’apporte des conseils. Effectivement, je constate que je progresse chaque mois, c’est réel, palpable mais j’ai besoin de me le faire confirmer par un professionnel. C’est un des travers quand on travail tout seul, c’est qu’on est seul juge de son travail et on n’est pas forcément bon juge».

Que conseilleriez-vous aux personnes qui hésitent encore à faire une reconversion ? « Sur mon compte Instagram, j’ai de nombreuses questions relatives à la reconversion professionnelle et je dis à ces personnes à chaque fois, d’essayer, tant qu’elles sont en poste si elles le peuvent, de réfléchir déjà à leur prochain projet. Pour les personnes qui personnes qui me demandent comment j’ai fait, je conseille à chaque fois votre cabinet en disant que j’ai bénéficié d’un très bon accompagnement. De plus, tout ou partie du bilan peut être pris en charge via le CPF et c’est un beau cadeau à s’offrir.

Ça permet de faire un point puisque quand je suis arrivée chez CBP Social Consult, je pensais que je n’étais plus bonne à rien. Je me disais que j’avais tenu ces postes pendant des années mais que je ne voulais plus les faire et donc que je ne savais plus rien faire. Je suis partie vraiment du niveau 0 j’ai envie de vous dire. Franchement, ce qui m’a le plus aidé, ce sont les moments où Magali PRADEL, ma Consultante en Bilan de Compétences, m’a fait poser mes compétences, m’a demander d’identifier clairement ce que j’avais fait et ce que je savais faire. En listant mes compétences, je me suis rendue compte que je savais faire beaucoup de choses ! Je ne voyais plus que je savais faire tout cela.

Le fait de le passer à l’écrit, de débriefer avec quelqu’un qui est neutre, qui ne nous connaît pas, qui ne sais pas ce que vous avez fait, qui n’est pas en situation d’employeur parce qu’il y a toujours une tension entre employeur et employé, a été bénéfique. C’est pourquoi  le Bilan de Compétences m’a vraiment permis de me rendre compte que je n’étais pas réduite à un seul champ des possibles et que je n’étais pas condamnée à travailler éternellement dans un secteur qui ne m’épanouissait pas.

La meilleure chose à faire, c’est de se faire accompagner parce que tout seul on ne voit pas clair, que l’on soit encore en poste ou au chômage, c’est indispensable de se faire accompagner. Ça permet de mettre des mots sur ses compétences, sa situation, ses souhaits, s’autoriser à rêver aussi ! Parce qu’il y a deux ans en arrière, vous m’auriez dit que j’aurais fait ça et que j’aurais dégagé du chiffre d’affaires, je vous aurais ri au nez. Et en fait, oui, j’y arrive. Pas forcément facilement, je travaille énormément mais je ne travaille pas du tout dans les mêmes conditions dans lesquelles je travaillais avant ».

Et si c’était à refaire ? « Honnêtement, je pense que j’entamerais mon projet de reconversion en étant toujours en poste. J’aurais aménagé un temps partiel et j’aurais continué à temps partiel en gardant une activité salarié au démarrage davantage serein et tranquille, pour pouvoir, par la suite, négocier un départ. En effet, quand je suis partie, mon projet n’était pas mûr du tout. Cela génère quand même beaucoup de stress de pas savoir ce que l’on va faire et de savoir que l’on a 24 mois pour réfléchir et rebondir. 2 ans en soi, cela semble très long mais cela ne l’est pas vraiment pour mûrir un projet et rebondir. Ce n’est pas facile je trouve. »

Merci beaucoup Charlotte ! « Je vous en prie. J’espère que mon témoignage sera encourageant pour d’autres personnes et leur donnera envie de s’offrir cet accompagnement que je n’ai jamais regretté. Celui ci m’a permis de rêver : puis de concrétiser mon projet au plus proche de mon rêve . C’est un cadeau inestimable ! » 

Retrouvez Charlotte sur Instagram : atelierdespetitsrouges

Support :
Cynthia PEDROSA, Gérante
Magali PRADEL, Consultante


Interview et mise en page :
Nadège THENADEY
Community Manager

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Cet article a été écrit par nthenadey@cbp-socialconsult.fr

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